
Reviews
1189Soyons francs du collier, on a pas mal flippé du résultat obtenu avec Indiana Jones et le Cercle Ancien, surtout après les dernières vidéos de gameplay qui ont été diffusées. Les soucis repérés sur l'I.A. pas au point et les animations rigides sont bien là, mais ils arrivent à être occultés par le reste du jeu, qui sont en réalité le coeur de cette aventure. Exploration, énigmes, histoire, narration, personnages, ambiance et même les combats quelque part, tout cela prend le dessus pour nous offrir une aventure prenante, captivante et surtout qui retranscrit à merveille le Indy des années 80. Même la vue à la première vidéo qui a été beaucoup décriée fonctionne bien et c'est un vrai plaisir que d'avoir parcouru ces 32h de jeu dans le veston en cuir de notre archéologue le plus cool de la planète. Le jeu brille aussi par son aspect technique, avec des graphismes d'une grande richesse et un dépaysement total ! On a adoré notre aventure malgré ses défauts évidents et on espère qu'une suite viendra corriger et renforcer une licence qui peut essayer de faire aussi bien que Uncharted et Tomb Raider.
Quatorze ans. C'est le temps qu'il aura donc fallu attendre avant que Rockstar Games ne daigne enfin proposer Red Dead Redemption sur PC. C'est long, très long, trop long et trop tard pour certains, et on peut les comprendre. Toutefois, le travail d'adaptation et d'optimisation réalisé par le studio Double Eleven (des anciens de Rockstar Games) permet de nous offrir la meilleure version du jeu, notamment grâce aux nouvelles features comme le 4K natif, le DLSS 3.7, le HDR10, la compatibilité écrans wides et le jeu au clavier-souris, sans oublier tout le travail qui a été refait sur l'éclairage et les jeux de lumière. C'est sublime. Alors bien sûr, après tant d'années d'attente, le jeu souffre de mécaniques qui ont vieilli comme ces textures et ces animations so 2010, et un Dead Eye qui fait évidemment moins mouche avec la précision chirurgicale de la souris. Mais ces quelques défauts ne sont rien face à l'aventure qui vous attend dans cette aventure qui nous dépeint un Far-West comme nul autre jeu ne l'a jamais fait. Avec en plus cette BO absolument magistrale, ce sens de la narration, de cette écriture unique en son genre, on peut relancer la dernière croisade de John Marston, ne serait-ce que pour pleurer une fois encore... Chef d'oeuve.
Annoncé il y a 15 ans, annulé une première fois, reporté à de nombreuses reprises (5 fois si je ne dis pas de bêtises), assommé par la crise du COVID, puis paralysé par la guerre en Ukraine, STALKER 2 est, on peut le dire, un miraculé. Toutefois, malgré cette bonne nouvelle, et à l'image de toutes ces arlésiennes qui débarquent dans la douleur après autant d'années, il y a forcément des fissures, voire même des fractures. Et quelques minutes suffisent pour constater les handicaps qui tirent le titre de GSC Game World vers le bas. Techniquement tout d'abord, STALKER 2 est à la traîne, avec un moteur 3D complètement dépassé par les événements. Tout semble figé, inerte, comme si on retrouvait le STALKER des années 2007, que ce soit dans sa nature morte, ses PNJ statiques ou bien encore ses créatures animées à la truelle.
On pensait que cette année encore Call of Duty allait continuer à faire le strict minimum pour alimenter sa communauté prête à tout avaler, mais on s'est bien fourvoyé. Black Ops 6 renoue en effet avec la qualité, et ce n'était pas gagné quand on a su qu'Activision allait envoyer le jeu à la presse uniquement le jour de la sortie (des choses à cacher ?). Finalement, on se retrouve avec ce qui est sans doute l'un des meilleurs Kalof de ces 10 dernières années, qu'il s'agisse de la campagne solo, le gameplay, le mode Zombies, le Multijoueur, tout a été soigneusement travaillé pour que l'expérience globale en vale la peine. On a été agréablement surpris et plus d'une fois, à commencer par la campagne qui varie les situations, avec tantôt des missions plus classiques et spectaculaires, mais aussi des niveaux plus ouverts, avec enfin des choses intéressantes à faire. Le jeu en devient moins dirigiste et se permet même de tenter des choses avec des séquences surnaturelles inattendues à ce niveau-là. On doit même affronter des boss, chose inouïe pour un Call of Duty. Et puis, le jeu a enfin compris que l'exploration peut s'avérer être plaisant aussi, que ne plus donner la main au joueur lui offre aussi plus de liberté et donc de plaisir.
Il y a six ans, Nomada Studio se faisait un nom avec Gris, un plateformer atypique, qui sortait des sentiers battus et dont les intentions sincères ont permis de constater que même chez les indé, on est capable encore et toujours de se distinguer. Neva reprend cette même idéologie en poussant l'envie encore plus loin. En embrassant complètement cette osmose avec la nature, en s'inspirant sans se cacher des oeuvres de Hayao Miyazaki et des productions du studio Ghibli, les développeurs espagnols de Nomada nous transportent dans un univers absolument envoûtant où chaque moment, chaque écran donne le sentiment de contempler le tableau d'un artiste accompli, celui de Conrad Roset. Avec la crise du COVID, la naissance de son enfant, son rapport a changé et cette évolution dans sa personnalité se ressent aussi dans Neva, un jeu où le besoin de s'entraider, de prendre soin l'un et l'autre se fait ressentir dans ce monde qui se meurt. Rien n'est perdu malgré les apparences, un message optimiste qui va guider le joueur dans une expérience comme nul autre ne nous avait proposé. La plateforme est toujours d'actualité, les énigmes toujours aussi plaisantes, mais on a gagné en férocité et adversité, grâce à ce katana mis dans la main d'Alba, notre héroïne, capable de bien des choses et des mouvements. Ses animations faites à la main subliment, son combat également, tandis que Neva, ce louveteau qui grandit à vue de nez, est un personnage qu'on a, nous aussi, envie de cajoler. Sublime.
Depuis notre premier hands-on en juin dernier, on savait déjà que Dragon Ball Sparking Zero allait tout pulvériser sur son passage, mais on était loin de se douter que Spike Chunsoft allait peaufiner son système de combat à ce point. En effet, le studio japonais ne s'est pas contenté de nous proposer la meilleure adaptation en jeu vidéo d'un animé, mais il a aussi approfondi le gameplay, bien plus technique qu'il n'y paraît quand on voit l'explosivité des combats à l'écran. Il y a des dizaines et des dizaines de manipulations à apprendre par coeur pour atteindre à notre tour l'Ultra Instinct, et ainsi savoir lire à travers ce que le profane prendra pour un capharnaüm visuel incompréhensible, alors qu'il n'en est rien. Jouissif à prendre en main, disposant d'une belle courbe de progression également, le gameplay de Sparking Zero n'a jamais aussi bien retranscrit ce qu'on attend d'un jeu Dragon Ball. C'est exceptionnel. Visuellement, c'est aussi bien maîtrisé et cela fait déjà plusieurs mois que le public peut constater à quel point l'équipe de Jun Furutani maîtrise son sujet. Chaque combat, chaque attaque, chaque gerbe d'énergie balancée fait vribrer l'écran mais aussi le coeur de n'importe quel fan de Dragon Ball. C'est tellement gaulé, tellement bien mis en scène qu'on en sort systématiquement galvanisé. Mais en plus d'avoir respecté l'oeuvre d'Akira Toriyama comme jamais, Spike Chunsoft offre aussi aux joueurs un jeu d'une grande générosité, blindé de modes de jeu, de choses à débloquer, d'histoires à raconter (même si le What If est in fine moins intéressant que prévu), de bonus à consulter, bref, vous avez capté, nous aussi, on a été grave respecté. Inutile de tergiverser davantage, Sparking Zero est de loin le plus grand jeu Dragon Ball jamais créé.
Envoyé au bûcher avant même d'avoir pu se justifier de ses maladresses de communication, Silent Hill 2 Remake tient aujourd'hui sa revanche. Non seulement Bloober Team nous livre une relecture moderne du jeu de Masashi Tsuboyama avec ce remake, mais le studio polonais est surtout parvenu à captiver l'essence même de ce qu'il représentait, à savoir une plongée angoissante et anxiogène dans l'esprit torturé et douloureux de James Sunderland. Les thèmes abordés ont d'ailleurs une résonnance encore plus forte aujourd'hui, puisqu'on y parle de violences conjugales, de toxicité, de maltraitance à l'enfance et même de suicide. Tout n'est pas parfait attention, et on aurait aimé des animations plus up-to-date, un système de combat plus souple aussi, et peut-être un chara-design plus marqué, mais l'atmosphère incroyable qui se dégage du jeu parvient à nous faire oublier ces errances techniques.
A qui s'adresse réellement ce Zelda Echoes of Wisdom ? C'est la question tout à fait légitime qu'on peut se poser après avoir fini l'aventure, non sans quelques envies d'abandonner en cours de route. En voulant jouer la rupture avec le remake de A Link's Awakening et éviter de taxer cet épisode de simple DLC avec une Zelda jouable, Nintendo a opté pour un gameplay à l'opposé de ce que représente un jeu Zelda pour de nombreuses personnes. C'est vrai, on a été biberonné pendant près de 40 ans à un jeu d'action-aventure où l'on sort son épée pour tuer des ennemis et un bouclier pour se protéger des attaques. Ce n'est clairement pas ce qui est demandé dans cet Echoes of Wisdom où Zelda ne sait malheureusement se servir que d'un sceptre magique qui lui permet d'invoquer des imitations d'objets et de monstres qu'elle aura croisé sur sa route. Ici, place à la réflexion et à la résolution d'énigmes, c'est ça le coeur du gameplay et l'on peut évidemment comprendre que le jeu risque de déplaire à une grande partie du public habituel.
Warhammer Space Marine 2 est avant tout un jeu fait pour le multi, la campagne n'étant que le joli bonbon, certes goûtu, mais dont l'enrobage est plus attrayant que son contenu. Une ligne droite assez basique, dôté en prime d'un level design peu recherché et auquel on ne fait que défourailler les mêmes ennnemis, le bestiaire étant d'une pauvreté extrême. De même, cette structure de "j'appuie sur un bouton pour soit ouvrir une porte, soit activer un monte-charge" risque aussi de vous lasser fortement. Il y a donc un sentiment de répétitivité qui disparaît aussi sec dès que vous passer en PvE et PvP, puisque la guerre prend alors une aure saveur. Pour le lancement, le contenu est d'ailleurs un peu chiche, mais les devs ont promis une feuille de route costaud pour au moins la première année. Et quand on voit tout l'amour qu'ils ont mis dans leur jeu, on ne peut que les croire sur parole.
Depuis notre preview hands-on, on savait déjà que Team Asobi allait nous réserver une très belle aventure avec Astro Bot, mais on n'imaginait pas que le studio japonais allait performer aussi fort. Non content de nous proposer une véritable esthétique pour son titre, avec un univers captivant, chatoyant et chaleureux, Astro Bot surprend aussi par la précision de son gameplay. La fluidité avec laquelle s'enchaîne les actions, la jouabilité chirurgicale, ce tempo incroyable qui donne le sentiment que tout est possible rend le jeu absolument phénoménal dans son gameplay. Ajoutez à cela une idée nouvelle à chaque nouveau niveau, des gadgets qui ne cessent de varier les plaisirs, des environnements tous différents les uns des autres, des boss massifs qui sont un véritable plaisir de les affronter et on obtient sans doute l'un des meilleurs plateformers 3D de ces dix dernières années. Nintendo avait le monopole du genre avec la qualité de ces productions jusqu'à présent, mais désormais, il va falloir compter sur Nicolas Doucet et Team Asobi.









